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Aglais urticae (Linnaeus, 1758)
Petite tortue

Etat des connaissances en 1912 - Gelin Henri et Lucas Daniel - Catalogue des Lépidoptères observés dans l’ouest de la France) :

L’imago est visible de juin à juillet puis de août à octobre en deux générations ; hiverne et reparaît en mars avril ; parfois trois générations. Voltige autour des habitations, le long des chemins, sur les fleurs des pruniers, des prunelliers, etc. Chenille sur urtica. Elle est visible de juin à août. Répandu partout ; en état d’abondance très variable suivant les années.

Deux-Sèvres : Extrêmement rare à Niort de 1903 à 1905. Commun en mars sur les pruniers en fleurs (Gelin).


Etat des connaissances au 31/12/2008 (Atlas des Lépidoptères Rhopalocères du Poitou-Charentes - Poitou-Charentes Nature)

Etat des connaissances au 31122008 {JPEG}


2011 - Neil Wilding : Disparition de la Petite Tortue, le débat continue Dans un précédent article (La Virgule (version 79) n°2

* octobre 2007, p3), nous avions signalé que la Petite Tortue (Aglais urticae), un papillon commun dans les Deux-Sèvres jusqu’à vers 2000, était devenu rare. Plusieurs observateurs ont relaté le même phénomène partout en Poitou-Charentes et dans d’autres régions de l’Ouest de la France (Albouy V. 2008. Insectes 19 ; Guyonnet A. 2008. La Virgule PCN no 1, p 3). La quasi-disparition de l’espèce s’est poursuivie dans ces régions en 2008 et 2009 (Guyonnet A. comm. pers.) Dans le même article, nous avions mentionné que les populations de cette espèce sont aussi en déclin en Grande-Bretagne. Les chiffres montrent que l’abondance de la Petite Tortue y a diminué globalement de 50% depuis 1998. C’est pendant cette même année (1998), qu’une mouche parasitoïde de la chenille de cette espèce a été observée pour la première fois en Angleterre (un parasitoïde est un insecte qui se développe sur ou à l’intérieur de son hôte et qui le tue inévitablement alors que, normalement, un parasite vit sur ou à l’intérieur de son hôte mais ne le tue pas). Ce parasitoïde, Sturmia bella (Diptera : Tachinidae), grand comme une Mouche Verte, pond ses oeufs sur les feuilles d’ortie, plante-hôte de l’espèce, et ceux-ci sont ingérés involontairement par les chenilles. Les oeufs éclosent et leurs larves se développent dans la chenille qui est fi nalement tuée. La chenille d’une autre espèce, le Paon du Jour (Inachis io), dont la plante- hôte est également l’ortie, peut aussi être l’hôte du parasitoïde en question, mais sans souffrir d’un déclin signifi catif. En 2008, un projet a été lancé par une équipe de chercheurs de l’Université d’Oxford, avec des données de l’UK Butterfl y Monitoring Scheme (http://ukbms.org) pour étudier l’importance de ce parasitoïde sur le déclin de la Petite Tortue. Les chenilles de ces deux espèces de Lépidoptères vivent respectivement en groupes dans des nids de soie pendant leurs quatre premiers stades et se séparent pendant le dernier. En 2008, des échantillons de chenilles des deux espèces ont été recueillis dans plus de 50 sites de la moitié Sud de Grande-Bretagne. Un rapport préliminaire (Lewis O. & Hamer N., 2009 : http://users.ox.ac.uk/-zool0376/Small- Tortoiseshell.htm) montre que S. bella est bien répartie dans la zone de prospection avec plusieurs autres espèces de parasitoïdes et, chez la Petite Tortue, il est l’espèce la plus abondante, tuant en moyenne 60% des chenilles dans les échantillons où il est présent. Cependant, il tue beaucoup moins de chenilles du Paon du Jour. En Angleterre, le Paon du Jour n’a qu’une génération, alors que la Petite Tortue en a deux et S. bella est plus fréquent dans les chenilles de la deuxième génération, en août/septembre que dans celles de la première. Le taux de parasitisme des chenilles de la première génération de la Petite Tortue (en juin) est assez semblable à celui des chenilles du Paon du Jour (en mi-juin/mi-juillet), ce qui laisse supposer que le Tachinaire est plus actif en août-septembre, lors de la deuxième génération de la Petite-Tortue. indiquent que, malgré la proportion de chenilles de la Petite Tortue tuées par le parasitoïde, il est peu probable que ce dernier soit responsable du déclin du papillon. Cette étude s’est poursuivie en 2009, mais les résultats ne sont pas encore disponibles. En France et dans le reste de l’Europe continentale, le parasitoïde est connu depuis longtemps et il semble improbable qu’il soit la cause du déclin en question, sauf si son efficacité a été augmentée par une modification écologique ou climatique. Il serait intéressant de connaître la proportion de chenilles de la Petite Tortue parasitée par le Tachinaire dans notre région, mais avec la quasi-disparition de l’espèce, il est impossible de l’évaluer ! Par contre, les chenilles du Paon du Jour sont abondantes et, en 2010, nous avons l’intention d’examiner l’importance des populations de S. bella en utilisant le protocole développé par l’équipe anglaise et ce, dans les chenilles de première et de seconde génération, car en France, le Paon du Jour a deux générations. Nous envisageons d’évaluer le parasitisme dans les deux générations de chenilles présentes en mai/juin puis en août. Dans une autre étude anglaise effectuée en laboratoire, Pullin A.S. (1987. OIKOS 49 : 39-45) a montré que les chenilles de la Petite Tortue se développent plus vite et produisent des chrysalides plus lourdes lorsqu’elles s’alimentent sur les jeunes plantes d’ortie au printemps et sur les repousses de plantes coupées en été, que sur les plantes matures. Ces différences correspondent à une teneur en eau et en azote plus élevée dans les jeunes plantes. Par la suite, Pollard E., Greatorex-Davies J.N. & Thomas J.A. (1997. Ecological Entomology 22 : 315 - 318), utilisant des données de terrain de 1976 à 1995, ont trouvé que le papillon est plus abondantdurant les années ayant des mois de mai et juin frais et humides plutôt que chauds et secs. Ces observations suggèrent que la Petite Tortue s’adapte mal aux années de canicule, ce qui fut le cas en 2003 et 2006. En 2010, l’équipe d’Oxford projette d’approfondir l’étude des effets de la sécheresse sur les chenilles de cette espèce. En France, la Petite Tortue reste toujours abondante dans les zones montagneuses, zones qui sont, normalement, les moins affectées par la sécheresse (Guyonnet A., comm. pers. basée sur ses observations et des données récupérées via son site : http://papillon-poitou-charentes.org ). En France, il n’existe pas d’observations précises réalisées sur de longues périodes, mais la Petite Tortue était globalement beaucoup plus abondante en 2006 qu’en 2007 et 2008 ( http://noeconservation.org ). Il faut préciser que l’année 2006 fut, dans son ensemble, beaucoup plus chaude et sèche que les deux dernières. Notons cependant que mai 2006 fut plus frais et plus pluvieux que la moyenne, alors que mai 2007 et 2008 furent plus chauds et plus secs que la moyenne ! Les entomologistes se posent toujours des questions quant à la raréfaction de la Petite Tortue, mais, comme le suggère Albouy (2008), les effets du réchauffement climatique ne sont pas à exclure, pas plus qu’une simple variation normale de l’abondance de l’espèce. Pour étayer cette dernière hypothèse, il est intéressant de citer Gelin et Lucas (1912, Mémoires de la Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres, 232 p) qui, au début du siècle dernier, ont noté que l’espèce était : “répandue partout, mais en état d’abondance très variable suivant les années”. Nous remercions Antoine Guyonnet, le Dr Sofia Gripenberg et Chris Raper pour leurs commentaires précieux ainsi que notre bon ami et ancien collègue Guy Latteur pour la rédaction du texte.

Neil Wilding DSNE


Etat des connaissances en mai 2013 - Nouveau Catalogue des Lépidoptères des Deux-Sèvres - Guyonnet Antoine, Lemoine Christian, Thibaudeau Norbert

La Petite tortue. Très répandue en Europe et en France. Fréquente les prairies et les friches. Espèce qui a fortement décliné depuis le début des années 2000 pour devenir rare alors qu’elle était commune. La cause de ce déclin est toujours incertaine, parasitage, réchauffement climatique ou cumul des deux (AG). Espèce univoltine à trivoltine selon les régions en II-X. Chenille sur Urtica.

I. Répandu partout, abondance très variable (G&L 1912). Extrêmement rare à Niort entre 1903 et 1905 (HG).

II. Azay le Brûlé 02/07/1991 (AG) - Boismé 14/04/2010 (Rolland Ludovic) - Bressuire 17/03/2010 (Rolland Ludovic), 29/03/2010 (2 exemplaires) (Rolland Ludovic) - Cersay 12/07/1980 (CL) - Chanteloup 12/06/2005 (Bonnet Stéphane) - La Mothe Saint-Héray 05/07/1967 (NT) - Niort 15/06/1944 (MG), 15/07/1948 (MG), 21/06/1954 (MG), 15/07/1954 (MG), 22/07/1954 (MG), 12/08/1955 (MG), 30/06/1964 (NT), 12/07/1964 (NT), 26/06/1969 (NT) - Saint-Jean de Thouars 22/08/1993 (AG) – Saint-Symphorien 13/06/1995 (chenille) (AG) - Sainte-Blandine 06/08/1967 (NT) - Villiers en Bois 27/05/1954 (MG), 29/06/1960 (NT).

AG = Antoine Guyonnet, CL = Christian Lemoine, DL = Daniel Lucas, G&L = Gelin et Lucas, HG = Henri Gelin, MG = Marius Guimard, NT = Norbert Thibaudeau, RL = Robert Levesque.




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Eriogaster catax (Linnaeus, 1758)
Laineuse du prunellier

Etat des connaissances en 1912 - Gelin Henri et Lucas Daniel - Catalogue des Lépidoptères observés dans l’ouest de la France) :

L’imago est visible en mai puis de septembre à novembre en deux générations (L’éclosion du printemps n’a pas lieu chaque année). Chenille sur prunus spinosa, pirus, crataegus, betula, quercus, etc. Elle est visible en juillet.

Vienne : Saint-Secondin, près Saint-Julien l’Ars (d’Aldin).

Charente-Maritime : Royan (B. et S.). Rochefort, du 2 au 10/11/1877 (Delav.). Saintes, 05/11/1908 (Gelin).


Etat des connaissances en 1932 - Gelin Henri et Lucas Daniel - Supplément 1932 au Catalogue des Lépidoptères de l’ouest Atlantique :

Charente-Maritime : forêt de Benon, chenilles nombreuses en 1928 (Lucas).


Etat des connaissances en 1998 - Levesque Robert - Supplément au Catalogue des Lépidoptères de l’ouest Atlantique :

Forêt de Chizé (79), forêt de Benon (17), Vallée du Thouet (79) ; région de Poitiers (86).


Etat des connaissances en mai 2013 - Nouveau Catalogue des Lépidoptères des Deux-Sèvres - Guyonnet Antoine, Lemoine Christian, Thibaudeau Norbert

La Laineuse du prunellier. Répandue dans toute l’Europe. Presque partout en France mais de façon localisée. L’imago est visible en IV-V puis en IX-XI en deux générations. Chenille sur Prunus spinosa, Pirus, Crataegus, Betula, Quercus, en IV puis en VII.

I. Forêt de Chizé - Vallée du Thouet 1998 (RL).

II. Availles-Thouarsais 28/04/2002 (CL) - Massais 25/05/1992 (CL) - Moutiers sous Argenton 13/04/2012 (chenille) (CL) - Villiers en Bois 28/10/2011 (AG).

AG = Antoine Guyonnet, CL = Christian Lemoine, DL = Daniel Lucas, G&L = Gelin et Lucas, HG = Henri Gelin, MG = Marius Guimard, NT = Norbert Thibaudeau, RL = Robert Levesque.




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